L’instruction en famille, c’est quoi ?

C’est lorsque l’on décide de s’occuper soi-même de l’instruction donnée à ses enfants, sans déléguer à l’école.  

Cela peut se faire sous différentes formes : en formel comme à l’école, en formel « allégé », en unschooling, avec la pédagogie Montessori, Freinet, Steiner, avec un peu de tout ça aussi (on en reparlera dans les jours qui viennent)

En vrai, il y a autant de forme d’IEF (instruction en famille) que de familles qui la pratiquent.  Toutes les familles que nous connaissons ont un fonctionnement différent.

Au niveau des contraintes liées à ce mode d’instruction, il y a selon la loi, 2 obligations :

  • se déclarer auprès de l’inspection d’académie chaque année, avec un contrôle par an par enfant
  • se déclarer auprès du maire de la commune de résidence, avec un contrôle tous les 2 ans pour la fratrie entière.
Les familles appréhendent généralement ces contrôles (et pour causes, certains se passent très mal)
Heureusement, pour un certain nombre cela se passe correctement ! Ce n’est finalement pas cher payé pour vivre une très grande liberté dans nos choix le reste de l’année.

L’IEF, pourquoi ?

J’ai découvert l’instruction en famille lorsque mon ainée a eu 2 ans. Une rencontre, au hasard d’un forum, d’une maman qui faisait le même métier que moi, dans la même ville, et l’IEF, on ne s’est pas lâchées depuis …

 Je n’étais déjà pas très chaude pour l’école mais le papa m’a convaincue d’essayer, que ce serait plus facile pour moi (j’étais assistante maternelle à l’époque).

Son année de petite section s’est contre toute attente très bien passée : une maitresse passionnée, gentille, à l’écoute des enfants (et des parents). Notre fille y allait en courant et avec joie.

 

Malheureusement, la 2e année, elle a changé de maitresse, et une dame à la veille de sa retraite et blasée a pris la place. Notre enfant y a perdu le goût d’apprendre, elle ne faisait que des dessins de ses journées et avait été séparée de ses amis. A la fin de cette année rocambolesque, nous passions déjà 2 jours par mois avec d’autres IEF pour des activités. Elle a été déscolarisée en fin d’année de moyenne section.
Nous avons profité de notre déménagement en Angleterre pour essayer ce nouveau mode d’instruction.
C’est très vite devenu la normalité pour nous. On appréciait d’être ensemble toutes les 3 (oui petite sœur était là), de sortir, de voir du monde ….

Notre retour en France n’a pas changé la donne (sauf que nous avions eu notre 3e) ! Nous connaissions nous même le système scolaire Français. Sa loterie de chaque année, les soucis inhérents à avoir autant d’enfants du même dans des lieux clos, et ça nous a plutôt encouragés à continuer, d’autant que ça se passait bien.

Au jour d’aujourd’hui, l’IEF semble de plus en plus facile.

 Nos enfants grandissent et deviennent plus autonomes (4, 8 et 12 ans), nous avons un réseau assez dense  autour de nous pour ne jamais avoir à se plaindre de ne voir personne.  Nous avons aussi de nombreuses activités avec des personnes merveilleuses et passionnées. Recemment, nous avons remis en place du formel après 2 années passées en unschooling.

Lorsqu’on nous demande pourquoi nous faisons l’IEF, nous avons juste envie de dire « parce qu’on en a le droit », mais ça va tellement plus loin que ça !
Faire l’IEF, c’est une chance inouïe de passer du temps avec nos enfants, de les connaitre, de voyager, de partager leur vie entière.  Et ça reste avant tout,  un grand sentiment de liberté.

L’IEF, comment ?

J’ai directement envie de dire « comme on veut »
En vrai, il y a mille et une manière de pratiquer l’IEF.

On peut trouver :

  • des cours par correspondance, avec devoirs à rendre régulièrement
  • du formel : certaines familles font « l’école à la maison » avec du matériel choisi , avec temps de classe, de pause, un programme planifié
  • du formel allégé : des cahiers, des cahiers de vacances, différents supports, par exemple 4 matins par semaines
  • sous formes d’ateliers Montessori, ou Freinet, ou Steiner
  • en unschooling : l’enfant gère lui-même ses apprentissages (je t’invite si cela t’interesse à regarder l’excellent documentaire de Clara Bellar « être et devenir », ou de lire des livres comme « les apprentissages autonomes » de Jonh Holt ou « Comme des invités de marque » de Léandre Bergeron)

Dans la pratique, c’est souvent un mélange de tout ça, adapté à la sauce de chaque famille !
Chez nous, comme je l’ai dit précédemment, nous venons de passer 2 ans en unscholing.

Nous avons décidé de réintroduire du formel à petites doses car nous avons (nous parents) besoin de voir que nos enfants avancent (parfois difficile avec le unschooling) et que la période des inspections arrive (cela nous rassure).  Un petit peu, plusieurs fois par semaine. C’est un compromis qui nous semble pour le moment juste.

L’IEF, et la sociabilisation ?

Ah là là ! Ceux qui pratiquent l’IEF vous diront que c’est LA question n°1
« et tu ne vas pas en faire un associal ? »

En vrai, cela dépend de chacun :

  • il existe dans pas mal d’endroit des groupes d’enfants non-scolarisés (merci les réseaux sociaux ainsi que les associations IEF) pour faire des rencontres plus ou moins régulières.
  • les activités extra scolaires
  • les bibliothèques/médiathèques
  • la famille
  • les voisins
  • les amis et enfants d’amis

On peut aussi se demander, qu’est-ce que la sociabilisation ? Cela peut-être d’aller à la boulangerie, de parler avec le papi sur son banc, de discuter au parc ? Devrait-on absolument tous se regrouper par âge ? Non, et c’est pareil pour nos enfants.
Soyons sociable, et nos enfants le serons.
L’humain est un être social et le fait avec plaisir, lorsqu’il est prêt !

L’instruction en famille, financièrement ?

Autre point important, le côté financier.
La plupart du temps, un des parents s’arrête de travailler pour s’occuper de l’instruction et de la vie à la maison (on ne va pas se le cacher, c’est souvent la mère).
Le fait d’être à la maison, permet d’un coté de faire des économies : cantine, frais de garde, frais de transport, repas fait maison, mais les finances familiales en prennent tout de même un coup.

Il existe heureusement des solutions comme j’ai pu le voir tout autour de moi !
Nous connaissons (la plupart du temps, le papa travaille à l’extérieur) des mamans qui tout en faisant l’IEF font :

Il existe des solutions pour pouvoir travailler à domicile, le tout étant de se lancer, de se former (pour ne pas laisser tomber au bout de quelques semaines) et de se créer un réseau sympa.
Je te prépare pour bientôt des témoignages de mamans qui travaillent chez elles.

Et chez toi ? Comment ça se passe ? est-ce que tu aimerais te lancer ?